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    Pour cette dernière chronique littéraire de l'année 2013, nous allons retrouver un auteur qui nous est familier puisque je vous en ait déjà parlé sur ce blog au travers d'un billet sur la pièce Les caprices de Marianne. Il s'agit, vous l'aurez compris, d'Afred de Musset, le dramaturge tourmenté que croisons de nouveau grâce à son chef-d'oeuvre, Lorenzaccio.

   Lorenzaccio est une pièce que je connais bien pour l'avoir étudié en profondeur depuis six mois durant mes cours. Je l'avais lu une première fois au mois d'août et mon avis avait été assez négatif. Ce n'est qu'en travaillant dessus que j'ai réussi à saisir les subtilitées et la beauté de cette pièce qui n'est pas facile d'accès pour un lecteur en manque d'expérience. Néanmoins, comment ne pas s'émerveiller devant la description faite par l'auteur de cette "scène historique" où les intrigues de pouvoir et les passions se déchainnent ? La magie du style de Musset a encore opéré sur moi et rend le récit de cette pièce noire et cynnique plus agréable.

    Contrairement aux Caprices de Marianne où l'intrigue était volontairement resserrée et le nombre de personnages réduit au maximum, Lorenzaccio est une pièce qui a été sciement écrite de façon à ne pas être représentable sur scène. C'est ce qui fait son originalité face à la profusion de pièces qui étaient créés à cette époque (ah ! l'époque romantique...), car en mettant en oeuvre tous les moyens possible pour que sa pièce soit impossible à représenter, Musset dénature le concept ancestral de la représentation théâtrale et s'oppose ainsi à tous les codes de son époque.

    Quant à l'intrigue, elle est complexe et multiple car dans cette Florence du XVIè siècle où les Médicis sont au pouvoir, Lorenzo, le favori du Duc de Florence et allié de débauche, doit accomplir sa destiné, c'est-à-dire assassiner le Duc Alexandre, pour se purifier de cette vie de débauche qui est la sienne et retrouver son innocence qu'il avait dans sa jeunesse. Mais le crime peut-il redonner la vertu que l'on a perdue par l'excès et les différents vices ? Au même moment, alors que Lorenzo doit faire face à sa conscience, la marquise Cibo doit quant à elle, faire face à son beau-frère le cardinal qui a apprit sa liaison extra-conjugale avec le Duc Alexandre, et souhaite l'utiliser à des fins personnels et politiques. Au milieu de ces deux intrigues, une troisième se dégage : les bannis de la ville se rallie à une puissante famille florentine, les Strozzi, qui symbolisent l'opposition au pouvoir du Duc. Une révolution est en marche mais un évènement inatendue en bouleversera le cours...

    La multiplicité des intrigues permettent de mettre en avant deux personnages qui m'ont beaucoup touché, Lorenzo et la marquise Cibo qui sont tous deux victimes de leurs situations, de leurs idéaux et... de leurs relations. Ils ont une personnalitée complexe et une fragilité qui est attachante car ils sont les premiers touchés de l'image qu'ils renvoient auprès des autres personnages.

    Il n'y a malheureusement pas assez d'un billet pour vous parler de manière complète cette pièce à la fois magnifique et complexe. Elle n'est pas à la portée de tous et possède une forte symbolique qui nécessite de bonnes bases littéraires au préable, c'est ce qui m'avait fait défaut il y a six mois et m'avait fait passer à côté de ce chef-d'oeuvre. Je vous la conseille cependant car elle aborde de nombreux thèmes passionnants.

 

Cette dernière chronique littéraire de l'année est mon dernier billet pour le challenge "En scène 2013 !" chez Eimelle mais est aussi une participation au challenge "Il Viaggio" toujours chez Eimelle

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