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      J'ai eu l'idée, l'envie de cette rubrique depuis le commencement de ce blog il y a presque un an de cela (Quoi ? Déjà ! ). A cette époque j'avais même beaucoup hésité entre ouvrir un blog littéraire et un blog consacré au cinéma c'est dire ! Après avoir repris un challenge rassemblant les deux arts (La littérature fait son cinéma saison 4), je me lance désormais dans cette nouvelle rubrique qui je l'espère vous plaira autant qu'à moi. 

     Pour inaugurer cette nouvelle rubrique, mon choix c'est porté sur un film vu récement et qui m'a beaucoup plu : The Grand Budapest Hotel de Wes Anderson sorti au mois de février au cinéma mais toujours à l'affiche, signe d'un grand succès populaire. Recompensé par le Grand Prix du Jury lors de la dernière Berlinale, The Grand Budapest Hotel se distingue de la production cinématographique occidentale actuelle.

      En effet, le film affiche fièrement une esthétique toute particulière : celle des films des années 1920/1930 où l'on considérait encore le cinéma comme un art et non comme une industrie cherchant à faire du profit. Ce visuel atypique permet au film d'avoir cet aspect patiné qui lui donne tout son charme. Cette esthétique nostalgique se retrouve également dans les effets de réalisation utilisés par Wes Anderson : il remet au goût du jour l'image en 4/3 et joue beaucoup avec les effets de couleurs et de lumières. Ainsi, le film arbore des couleurs pastels et acidulées qui apportent un certain cachet à l'image et donne l'impression d'être hors du temps.

     Les décors et les costumes s'inscrivent totalement dans cette optique. On retrouve l'atmosphère feutrées des grands palaces européens à l'aube de la Seconde Guerre mondiale, on revoit cette société aisée sur le déclin qui posséde cette élégance naturelle aujourd'hui considérée comme désuète. On a l'impression d'être plongé dans un roman de Stefan Zweig, qui est une référence littéraire assumée par Anderson puisqu'elle figure dans le générique de fin, ou une enquête romanesque d'Agatha Christie.

    Le film a la particularité d'être servie par un casting impeccable comportant la fine fleur d'Hollywood habituée à travailler avec Wes Anderson (Owen Wilson, Bill Murray, Judd Law, Willam Dafoe...) mais aussi quelques Frenchies (Matthieu Amalric, Léa Seydoux). Ralph Fiennes est extraordinaire dans le rôle de M. Gustave, concierge général du palace et grand amateur de l'Air de panache. L'acteur excelle dans cette interprétation mélant élégance, humour et poésie.

    L'intrigue est alléchante et bien menée : une vielle habituée de l'hôtel décède dans de troubles circonstances, on suppose que M.Gustave est couplable car la défunte lui a légué un tableau d'une valeur inestimable intitulé "L'enfant à la pomme". Néanmoins, les ayant droit, notament un dénommé Dmitri, ne sont pas de cet avis et feront en sorte de faire disparaitre le sympathique concierge de la circulation. Accompagné, dans un périple à travers l'Europe, par le jeune Zero Moustafa, groom au palace, dans des aventures rocambolesques, M.Gustave devra faire preuve de courage et d'habilité pour échapper à ceux qui veulent sa perte...

     Vous l'avez bien compris, j'ai adoré ce film du début à la fin, j'ai apprécié retrouver l'univers décalé de Wes Anderson et voir quelque chose d'original, qui sort un peu du lot actuel. On rit beaucoup durant ce film grâce aux dialogues et aux situations abracadabrantes, on ne voit pas passer les 1H40 que comporte le long métrage. J'ai aimé la qualité ainsi que le soin porté à l'image et à l'esthétique de ce film, de même que le jeu des acteurs, qui sont tous très bon. Ce film est pour moi comme L'air de panache de M.Gustave, on en a jamais assez et on en veut toujours plus.