202_Urgence_2005

      Je lis très rarement des livres pour la jeunesse (le dernier en date étant Iqbal, un enfant contre l'esclavage de Francesco d'Adamo) mais Urgence est un livre de mon enfance que je n'avais jamais pris le temps de regarder, de feuilleter, de lire. La couverture ne me faisait pas envie, et à cet âge, elle est essentielle car elle détermine les envies de lecture. Lorsque je l'ai retrouvé il y a peu au fond de ma bibliothèque, je me suis dit que ce serait bête de passer à côté. En effet, la quatrième de couverture m'a tout de suite donnée envie de me plonger dans ce très court roman jeunesse (80 pages écrites en gros caractères) qui prend pour sujet la Seconde Guerre Mondiale (sujet qui me passionne).

      Ce texte est tirée d'une histoire vraie, celle d'un ami de Christian Grenier nommé François, qui, au moment de la libération de la ville de Besançon par les troupes alliées, est atteint d'une maladie inconnue et très probablement fatale pour le jeune garçon qu'il était alors. Son destin semble alors scellé, le médecin de la famille semble avoir perdu tout espoir de le sauver, ses parents sont impuissants et désespérés face au mal mortel qui ronge leur fils unique... jusqu'au jour où le père de François, René, entend à la radio que la base générale de l'armée américaine située à Paris possède un échantillon d'un nouveau médicament expérimental, la pénicilline.

     Il n'en fallait pas plus pour que René retrouve la force, l'espoir, le courage et la détermination dont il aura fortement besoin pour se jeter sur les routes de France en quête du remède miracle. Le temps presse, les heures de François sont désormais comptées et René n'aura qu'une journée pour faire l'aller-retour qui lui permettra de sauver son fils. Le parcours sera long et périlleux, car la France est encore partiellement occupée et les routes contiennent de nombreux barrages militaires des deux camps.

      Je n'ai plus l'habitude de lire des romans jeunesse, mais j'avais trouvé l'intrigue d'Urgence digne d'intérêt pour les lecteurs adultes puisqu'il s'agit d'un fait ayant réellement existé . Le récit de cette histoire vraie est palpitant et efficace, on croirait lire un thriller. L'effet "course contre la montre" pour la survie d'un enfant apporte une certaine tension au récit, cela approrte un véritable enjeux à l'histoire. On a du mal à arrêter sa lecture en cours de route, car chaque ligne compte et nous rapproche un peu plus du but.

     J'ai aimé la double dimmension de cette histoire, l'une qui est historique et l'autre qui s'apparente au thriller. Ce court roman se situe à un moment essentiel de la Seconde Guerre mondiale en France, à savoir la libération progressive du territoire par les Alliés. On sent au travers du récit que le conflit n'est pas encore totalement achevé, qu'il y a encore de nombreuses zones tendues. Etant dans le cadre d'un roman destiné à de jeunes lecteurs (je dirais 8-12 ans), Christian Grenier en profite pour dresser un panorama des différentes positions vis-à-vis de l'ennemi qu'a occupé la population française durant l'Occupation. On retrouve ainsi des résistants, des "collabo" ainsi que la majorité silencieuse qui n'a pas pris position pour aucun des deux camps. J'ai regretté que l'auteur aborde ce contexte historique de manière trop succinte et trop superficielle. J'ai trouvé plus généralement que l'ensemble manquait de profondeur, de détails. La narration et la description étaient selon moi beaucoup trop simpliste, même si c'est sensé viser un jeune public qui n'a peut-être pas les connaissances nécessaires pour aborder les choses plus profondément.

     Une lecture rapide qui, je pense, peut donner aux jeunes lecteurs l'envie d'en savoir plus sur la Seconde Guerre mondiale et l'Occupation de la France durant le conflit par les Allemands.  

 

Ce billet est une participation à plusieurs challenges auxquels je participe : Le challenge Seconde Guerre Mondiale chez moi, le Plan ORSEC 2014 chez George et le challenge estival chez Métaphore "Ma PAL fond au soleil"

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