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     Sorti le 8 Octobre dernier au cinéma, Gone Girl est le dernier film en date du réalisateur américain David Fincher (également auteur de Fight Club, The Social Network...). Ce thriller psychologique raconte l'histoire d'un couple d'américains appartenants à la classe moyenne du Minessota et originaires de New-York.

     Bien que formant un couple idéal, un duo complémentaire et soudé, ces deux-là sont pourtants très différents l'un de l'autre : Elle est fille unique et issue de la grande bourgeoisie new-yorkaise, elle est sortie des plus grandes universités américaines. Elle a tout pour elle : elle est belle, riche, intelligente, brillante et sexy, c'est la femme fatale par excellence. Lui est l'archétype de l'américain moyen né au fin fond du Minessota qui s'est sorti de sa condition grâce à son physique avantageux...et grâce à l'argent de sa femme. Ils mènent tous les deux une vie paisible et banale où il gère le bar du coin avec sa soeur jumelle et où elle occupe ses journées en étant femme au foyer.

    Le jour de leur 5ème anniversaire de mariage, alors qu'ils semblent être plus amoureux que jamais, elle disparait mystérieusement. Une mobilisation sans précédents s'organise alors pour retrouver au plus vite la nouvelle enfant chérie de l'Amérique. La machine médiatique s'emballe, l'affaire est désormais connue dans tout le pays et c'est à ce moment là que le vernis qui protégeait ce couple modèle se met à craquer...

    J'avoue être assez mitigée concernant le dernier film de David Fincher. Certes, le suspence est haletant et malgré certaines longueurs, on ne peut détacher le regard de l'écran tant on souhaite connaitre l'issue finale de cette affaire pleine de rebondissements. Néanmoins, quelques passages auraient pu être raccourcis pour gagner en efficacité et faire en sorte que le final ne tombe pas comme un cheveu sur la soupe. C'est d'ailleurs la troisième partie du film qui fait que j'ai cet avis mitigée car les deux premières sont vraiment bien ficelées et montrent bien la qualité du jeu des acteurs.

   Parlons justement du casting qui, comme toujours chez Fincher, est parfaitement bien choisi. Ben Affleck, dont la carrière d'acteur a connu des hauts et des bas (enfin surtout des bas), nous prouve grâce à ce film qu'il n'est pas seulement un réalisateur de talent (Argo, Gone Baby Gone) mais qu'il peut également être bon devant la caméra en jouant le rôle du mari de la disparue. Mais la révélation de ce film est sans contestes Rosamund Pike qui livre ici une performance incroyable, digne des Oscars dans le rôle de cette disparue qui fait chavirer l'Amérique.

   Par ailleurs, les seconds rôles ne sont pas mauvais et le choix des acteurs pour les interpréter est assez surprenant car ils sont à contre-courant : on y retrouve la playmate du clip de Blurred Lines Emily Ratajkowski qui ne se débrouille pas trop mal pour son premier rôle au cinéma, ainsi que Neil Patrick Harris, acteur plutôt habitué à la comédie (How I Met Your Mother) mais qui nous montre qu'il peut également jouer dans un registre plus dramatique.

   Comme toujours chez Fincher, la critique acerbe de son temps n'est jamais bien loin et dans Gone Girl il s'attaque aux grands networks américains cherchant à tout prix à faire du sensationnalisme, à jouer sur l'émotion plus que sur l'information, oubliant de nuancer leurs propos ou de mener une véritable enquête journalistique. Le monde des médias américains est peut-être ici caricaturé par Fincher, mais le fond reste néanmoins vrai. 

   Malgré des qualités incontestables que je vous ai détaillées ci-dessus, le dernier Fincher m'a assez déçue mais m'a donnée envie de lire le best-seller qui en est à l'origine : Les Apparences de Gillian Flynn. L'auteure du livre est également l'auteure du scénario et a volontairement changé la troisième partie pour le cinéma, j'ai donc bien envie de découvrir le sort qu'elle leur avait réservé à l'origine.