16 septembre 2014

Un jour, de David Nicholls.

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     Contrairement à l'année dernière où j'ai rédigé la chronique de mon pavé estival à la dernière seconde (souvenez-vous de Dans la grande nuit des temps d'Antonio Muñoz Molina), j'ai décidé cette année de m'y prendre un peu à l'avance en vous parlant aujourd'hui du cru 2014 qui se situe dans un tout autre style : Un jour de David Nicholls, grand best-seller international ayant connu une très bonne adaptation au cinéma (avec notamment Anne Hataway).

     C'est d'ailleurs par le biais du cinéma que j'ai rencontré pour la première fois Emma et Dexter (ou Em et Dex), que j'ai suivi le cours de leurs existences ainsi que leurs relations tumultueuses aux travers des différentes journées du 15 juillet. J'ignorais alors que ce film était l'adaptation d'un roman à succès (à l'époque je m'intéressais plus au cinéma qu'à la littérature). Ce n'est que plus tard que j'ai découvert ce livre. Dévoré en un jour (sans mauvais jeux de mots) cet été, ce roman est sans aucun doute l'un de mes coup de coeur de la saison (avec A l'été qui commence, Américain, Américain et Nos étoiles contraires).

     Un jour, c'est l'histoire d'une rencontre entre deux êtres qui n'auraient pas dû se fréquenter. Issus de deux milieux sociaux différents, ils représentent ce que chacun déteste le plus dans la vie. Mais au-delà de tout ce qui les opposent, leur amitié exceptionelle se construit au fil des années, connait des hauts et des bas. Elle est parfois proche de la relation amoureuse mais connait aussi des périodes d'indifférence et de rejet de l'autre. Ils apprennent à se connaitre, se découvrent, se cherchent, se déçoivent, se manquent, deviennent complices, fusionnels ou s'ignorent, mais chaque moment de leur vie est rythmée par leur relation à l'autre. La relation d'Emma et Dexter est digne des plus célèbres couples de la littérature car elle est belle, riche, complexe, particulière, exceptionnelle, en un mot, unique.

     Ce roman pourrait très facilement tomber du côté du mélodrame indigeste, mais en réalité, il n'en est rien. David Nicholls écrit ici un roman plein d'humour et de légèreté, notament grâce au personnage haut en couleurs de la jeune Emma. L'esprit "so bristish", avec son humour irrésistible très particulier, est très présent tout au long du roman et apporte un certain charme à cette histoire peu commune. En dehors de l'humour, l'amour est tout de même bien présent car il est présenté sous toutes ses facettes, la relation entre Emma et Dexter montre la complexité et l'étendue des sentiments que deux personnes peuvent ressentir l'une pour l'autre.

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     Bien que ce soit un aspect secondaire du roman, David Nicholls profite de la situation professionelle du personnage de Dexter pour montrer l'envers du décor des métiers de l'audiovisuel (il les connait bien puisqu'il a été scénariste pour la télévision pendant de nombreuses années). Il critique le star-system qui fait miroitter gloire et succès, alors que l'ensemble repose sur tout ce qu'il y a de plus superficiel et de vain : la beauté physique, la gloire, l'argent, les conquêtes, la popularité. Il montre que dans ces métiers-là, nul n'est éternel ou indispensable à la bonne marche de l'ensemble, qu'un rien peut faire basculer les choses. Par ailleurs, il montre la face cachée du monde du spectacle, les rivalitées et coups bas ainsi que l'influence de la drogue et de l'alcool derrière le feux des projecteurs. Cet aspect du livre est très intéressant mais assez mineur, il est plus développé dans son dernier roman Pour une fois.

     Il est difficile de retranscrire dans ce billet toutes les émotions et larmes que l'on peut ressentir et avoir en lisant ce roman (et en voyant le film), aussi vais-je conclure sobrement ce message en vous disant que j'ai eu un énorme coup de coeur pour ce roman. Je me suis vraiment attachée aux personnages d'Emma et Dexter, ainsi qu'aux personnages secondaires, je ne pense pas les oublier de sitôt. J'ai aimé suivre leurs parcours semés d'embûches, les aléas de leur relation. J'ai découvert le style et l'univers de David Nicholls grâce à ce roman, et j'ai été conquise par sa plume et son humour si typiquement anglais. Je pense que je lirai un autre de ses livres, à commencer par Pour une fois, qui développe la thématique du star-system, assez secondaire sur Un jour.

     Bref, c'est un livre que je vous conseille de lire, si ce n'est pas déjà fait. De le relire, pour ne pas oublier Em&Dex. De voir plus tard l'adaptation cinématographique, pour prolonger le plaisir et retrouver cette atmosphère si particulière.

Ce billet est une nouvelle participation aux challenges auxquels je participe : le challenge "Ma PAL fond au soleil saison 2" chez Métaphore, le challenge "Le pavé de l'été" chez Brize, le challenge "La littérature fait son cinéma" chez moi, ainsi que le Plan ORSEC 2014 chez George.

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17 mai 2014

Victoria et les Staveney, de Doris Lessing.

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         Après avoir lu The fifth child l'été dernier et m'étant inscrite au challenge consacré à Doris Lessing, je me suis décidée à lire un autre ouvrage de cette auteure britannique, récemment décédée et qui a été récompensée par le Prix Nobel de Littérature en 2007. Je me suis naturellement dirigée vers Victoria et les Staveney, un court roman de 130 pages environ qui met en avant les grands thèmes chers à l'auteur, c'est-à-dire le racisme, les inégalitées sociales ou encore la condition féminine.

         Dans ce court roman, s'approchant selon moi plus d'une longue nouvelle, on suit le destin de Victoria, une petite fille noire appartenant à la classe populaire londonienne dans les années 1980, de son enfance jusqu'à l'âge adulte. Le roman commence par un évènement important dans la vie de Victoria : le jour de sa première rencontre avec la famille Staveney, une riche famille blanche qui possède tout ce que la petite Victoria ne possède pas, à savoir une maison comportant plusieurs pièces, des parents aimants ou encore une salle de jeux pour les enfants.

         Cette rencontre bouleversera à jamais la vie de Victoria et déterminera toutes ses décisions dans les années qui suivent. En effet, quelques années plus tard, elle entame une relation amoureuse avec le cadet, Thomas avec qui elle aura une petite fille nommée Mary. Leur relation ne durera qu'un été et Thomas ignore l'existence de ce bébé jusqu'à ce que Victoria ne le la lui dévoile 6 ans plus tard. 

        Contrairement à ce à quoi Victoria s'attendait, la famille Staveney accueille la petite Mary à bras ouverts afin de montrer son ouverture d'esprit, sa tolérance. Tout est dans le paraitre, dans le respect des conventions. Peu à peu rejétée, Victoria perd progressivement les affinités qui la liaient à sa fille, qui passe désormais le plus clair de son temps chez les Staveney. Doris Lessing, en quelques pages, parvient à peindre avec une grande justesse la détresse de cette mère face au racisme et au snobisme dont elle est la victime et qui la détache lentement mais sûrement de sa fille.

       L'écriture est simple, pure et sans concessions. L'auteur décrit parfaitement le racisme qui peut parfois être sous-jacent dans les intéractions sociales ainsi ques les inégalitées entre riches et pauvres de la société anglaise de la fin du vingtième siècle notament par le prisme de l'école et de l'éducation en général. Cette peinture réaliste ne verse pas dans le pathos ni dans la caricature et le personnage de Victoria semble même antipathique malgré toutes les épreuves qu'il traverse. Néanmoins, si je devais faire un repproche à ce roman, je critiquerais sa longueur, qui précipite l'enchainement des évènements et enlève de la profondeur à l'histoire. On a l'impression que les thèmes abordés ne sont traités qu'en surface et je pense qu'ils auraient mérité qu'on s'attarde un peu sur eux surtout sur ce qui concerne l'importance de l'école et des études.

        Victoria et les Staveney laisse, à la fin de la lecture, une impression à la fois amère et étrange. On est bousculé par cette tranche de vie qui est loin d'être rose mais on est frustré de ne pas en avoir plus, ce qui aurait permit au lecteur de mieux saisir la psycologie des personnages mais aussi l'ampleur du drame qui se joue sous nos yeux. J'aurais aimé que Doris Lessing insiste d'avantage sur les thèmes qui lui tiennent à coeur et qui aurait donné plus d'ampleur au récit. Un roman en demi-teinte donc, qui se lit très rapidement et qui reste tout de même un bon moment de lecture.

Ce billet rentre dans le cadre de plusieurs challenges auxquels je participe : Le challenge consacré à Doris Lessing chez Maevedefrance, ainsi que le challenge "Cartable et tableau noir" chez George (catégorie école primaire) et le Plan ORSEC 2014 également chez George.

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18 février 2014

Le crime du golf, d'Agatha Christie.

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    Il y avait bien longtemps que je ne m'étais pas plongée dans un des nombreux romans de "La Reine du crime" Agatha Christie. C'est désormais chose faite avec Le crime du golf, deuxième aventure du célèbre détective Hercule Poirot qui se déroule exceptionnellement en France et plus particulièrement dans la région de Calais.

    Poirot, accompagné pour l'occasion du capitaine Hastings, a été engagé à la suite d'un appel au secours lancé par M. Renauld, un riche homme d'affaire ayant un lourd passé en Amérique du Sud. Néanmoins lorsque le détective arrive sur place, le commité d'accueil promis dans la lettre n'est pas au rendez-vous. Et pour cause : M.Renauld a été assassiné la veille au soir à son domicile ! 

    C'est dans cette atmosphère étrange de meurtre, de suspicion et de mystères que Poirot et Hastings mènent leur enquête. L'affaire est plus complexe qu'elle n'y parait et de nombreuses zones d'ombres figurent dans ce tableau particulier. Quels étaient les véritables intérets de M. Renauld en l'Amérique du Sud ? Pourquoi avoir envoyé cette étrange lettre à Hercule Poirot peu avant le meurtre et ce, sans avoir averti son épouse ? Quelles sont ces deux femmes qui, selon les domestiques, venaient régulièrement chez lui le soir ? Tant de questions sans réponses claires qui mettent en déroute notre bonne Police Nationale et plus particulièrement l'inspecteur Giraud, archétype de l'arrogance et du snobisme parisien. Mais c'était sans compter sur les talents de déduction et d'analyse du grand Hercule Poirot...

    J'ai apprécié renouer avec la prose d'Agatha Christie que je n'avais pas lue depuis plusieurs années. J'y ai retrouvé cette ambiance désuète et prestigieuse qui caractérise ses romans ainsi que le caractère, pas toujours agréable, d'Hercule Poirot. Dans ce roman, la deuxième aventure du détective belge après La mystérieuse affaire de Styles, Poirot commence à ressembler au Poirot que nous connaissons tous, bien qu'il soit plus jeune et plus vif. Il est ainsi agile et furtif, ce qui dénote avec son image habituel de celui qui résout les énigmes grâce à ses "petites cellules grises" en restant assis dans son fauteuil. Quant au capitaine Hastings, l'éternel faire-valoir à la psychologie aussi épaisse que du papier à cigarette, il prend, une fois n'est pas coutume, un semblant de consistance grâce à une sous-intrigue qui lui est consacré. Il reste cependant fidèle à lui-même, c'est à dire pas très éveillé.

    L'intrigue était intéressante et recherchée (elle s'inspire d'ailleurs d'un fait divers de l'époque), et son déroulement connait de nombreux bouleversements. L'auteure m'a littéralement ménée par le bout du nez, si bien qu' à chaque fois que je pensais avoir trouvé le coupable, je me trompais largement ce qui ne fait que décupler le plaisir de la lecture. J'ai été surprise par le dénouement de l'affaire et de l'histoire mais je l'ai tout de même apprécié... ce qui m'a donné envie d'en lire d'autres aventures de Poirot dans les mois qui viennent ! 

Ce billet rentre dans le cadre de deux challenges auxquels je participe chez George le "Plan Orsec 2014" et le challenge "Agatha Christie" (1ère partcipation)

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08 janvier 2014

Northanger Abbey, de Jane Austen.

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    Northanger Abbey est un des romans les moins connus de Jane Austen, et c'est probablement pour cette raison que j'ai décidé de commencer mon exploration de l'oeuvre de cette célèbre auteure en le lisant en premier. L'essai a été concluant et me donne envie de poursuivre ma lecture des autres ouvrages, dont le célébrissime Orgueil et Préjugés.(qui se trouve dans ma PAL comme tous les autres romans d'Austen)

    J'ai trouvé de nombreuses qualitées à ce roman qui est constuit de façon originale pour l'époque (il a été publié en 1818). Composé de deux parties distinctes, ce roman est dans la première partie, une satire de la société anglaise du XVIIIè siècle qui prenait ses eaux dans la station balnéaire de Bath alors que la seconde partie est une véritable parodie d'un genre littéraire très en vogue à l'époque, le roman gothique. Dans les deux cas, l'humour, l'ironie et la caricature sont de mises et donnent une atmosphère particulière au roman et le place bien loin des standards de l'époque.

    Passons maintenant à l'intrigue principale du roman : Catherine Morland, une jeune fille naïve à l'imagination débordante, férue de romans gothiques et plus particulièrement des Mystères d'Udolpho d'Ann Radcliffe, accompagne ses voisins Mr et Mrs Allen à Bath, une célèbre station balnéaire. Elle y rencontre Isabella Thorpe, son frère John Thorpe, Eleonore Tilney ainsi que le frère de cette dernière, le charmant Henry Tilney. On suit tout au long de cette première et longue partie l'évolution des relations entre ces personnages, le déroulement sans grand intérêt de leur séjour à Bath entre bals, promenades, malentendus et commérages. Cette partie m'a semblé longue et assez pompeuse, même si j'ai senti de temps à autre de l'humour et une certaine ironie. Elle est néanmoins nécessaire pour annoncer la seconde partie qui est bien plus palpitante !

    Ainsi dans cette seconde partie, Catherine est invitée par les Tilney à séjourner dans l'Abbaye de Northanger (d'où le titre), un ancien monastère datant de l'époque gothique réaménagé depuis en domaine privé. Influencée par son imagination débordante et par sa lecture des romans gothiques, Catherine est persuadée de vivre une aventures digne des histoires d'Ann Radcliffe...

    Malgré un début d'intrigue long à se mettre en place, Northanger Abbey est un roman qui m'a plu par son humour, son ironie et son aspect novateur. En effet, Jane Austen écrit les premières pages de son roman dans un style particulier qui change totalement des descriptions habituelles. De plus, elle entame une réflexion sur le roman et son rôle sur les lecteurs en choisissant une héroïne envahie par ses lectures, qui ignore ainsi la réalité et les subtilitées des relations humaines et de la vie sociale car son rapport à la vie réelle est biaisé par son expérience avec la littérature féminine.

    Ce roman m'a en tout cas permit de découvrir l'univers de Jane Austen et de poursuivre mon exploration en lisant ses autres oeuvres mais il m'a aussi donné envie de le roman fétiche de Catherine : Les Mystères d'Udolpho d'Ann Radcliffe. 

Ce billet est ma première participation au challenge "Littérature Britannique Victorienne" chez Chasse-mouche sur Livraddict ainsi qu'au challenge d'Iluze sur Livraddict intitulé "Fant'classique".

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29 août 2013

Une semaine avec Marylin, de Colin Clark.

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       Lu il y a plus d'une semaine, mais chroniqué seulement maintenant à cause du retard que j'ai accumulé pour des raisons diverses, Une semaine avec Marylin de Colin Clark est un court roman d'environ 150 pages que j'ai tout simplement dévoré !

       L'histoire pour sembler extraordinaire, voire même impossible, mais Colin Clark raconte ici une semaine de sa propre vie, lorsqu'il était un jeune homme de 23 ans et qu'il débutait sa carrière dans le monde du spectacle. Mais cette semaine n'est pas une semaine ordinaire puisqu'il s'agit ici de l'improbable idylle entre le jeune Colin, un obscur troisième assistant du réalisateur Laurence Olivier et la plus grande star de cinéma de l'époque, Marylin Monroe.

       Les plus sceptiques d'entre nous crieront au mensonge et diront que l'auteur n'avais plus toute sa tête au moment de la rédaction de ce livre, vu qu'il a été écrit deux ans seulement avant sa mort, mais à ces personnes là je répondrai que ce n'est pas le plus important dans ce roman. Ici, on ne cherche pas à savoir si ce qui a été raconté peut-être plausible car on est prit dans le tourbillon romanesque où la relation entre Colin et Marylin prend finalement le pas sur tout. On a envie de croire à ce que l'on lit et la profusion de détails me fait penser que l'auteur a réellement vécu ce qu'il s'est passé.

       Il s'agit donc de suivre durant cette semaine incroyable, la rencontre entre Colin et Marylin ainsi que l'évolution de leur relation dans un milieu totalement hostile à la star : le plateau du film Le prince et la danseuse de Laurence Olivier. Nous sommes en 1956, Marylin vient d'épouser son troisième mari, Arthur Miller, et s'apprête à débuter en Angleterre le tournage du film de Sir Laurence. Le travail de Colin est de veiller au bien-être de la star en lui trouvant un logement, en lui engageant des domestiques, un chauffeur, un garde du corps, même si Marylin ne vient pas des Etats Unis les mains vides puisque outre son mari Arthur Miller, Marylin emène dans ses bagages Paula Strasberg, sa répétitrice. Vous aurez donc comprit que la star est très encadrée et que le moindre de ses faits et gestes est scruté avec attention. Malgré toutes ces attentions et les soutiens qui l'entourent, Marylin se sent très seule. Lorsque Arthur Miller la laisse pour se rendre à Paris, l'actrice se sent abandonnée et cherche du réconfort auprès de Colin. C'est ainsi que leur relation débute...

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      J'ai été particulièrement touchée par le personnage de Marylin plus que je ne l'aurais cru. En effet, loin des caméras et des objectifs, Marylin est juste une femme, encore enfant dans sa tête, qui ne recherche qu'un soutient, quelqu'un sur qui compter, qui la comprenne et qui la prend pour elle-même et non pour la plus grande star de cinéma qui est jamais existé. Souffrant d'une enfance malheureuse qui a laissé des séquelles sur ce qu'elle est, Marylin cherche à tout prix l'attention des autres, leur amour, leur soutient. Seul Colin comprendra ce désir qui la ronge et l'empêche d'avoir confiance en elle. Comme Colin, on souhaiterai l'arracher à ce destin funeste qu'on lui connait tous et qui est en marche au moment où se déroule le roman.

     Ce que raconte ici l'auteur sur les gens qui étaient au service de l'actrice, m'a conforté dans mon idée que ce qui l'a perdu c'est son entourage qui la forçait à avaler toujours plus de médicaments, qui la forçait à rester dans cette image de femme fatale dont on ne retient que le physique et qui n'était pas ce qu'elle était vraiment. Marylin était peut-être belle et célèbre, mais elle était aussi intelligente et elle n'était pas heureuse.

     Sans écrire ici une énième biographie sur la star, Colin Clark se plait ici à mélanger réalité et fiction puisqu'il introduit plusieurs éléments biographiques de la star, des éléments autobiographiques mais aussi des éléments dramatiques qui donnent de l'ampleur au roman. On ne peut fermer ce livre avant la dernière ligne, c'est un véritable coup de coeur pour moi tout comme son adaptation cinématographique. On souhaite (re)voir tous les films de Marylin ainsi que l'adaptation cinématographique de ce roman : My week with Marylin de Simon Curtis (2011) avec notemment Michel Williams, Kenneth Branagh, Judi Dench ou encore Emma Watson.

 

Ce billet est ma première participation au challenge "Marylin Monroe" chez George mais c'est aussi une nouvelle participation au challenge de Will "La littérature fait son cinéma". Ce livre m'avait été choisit par liluuu-livres dans le cadre du jeu "Choisit le prochain livre de ma PAL" sur Livraddict.

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21 août 2013

The fifth child, de Doris Lessing.

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     J'ai lu The fifth child de Doris Lessing en langue originale pour des raisons scolaire. N'étant pas billingue, je n'ai malheureusement pas pu saisir toutes les subtilitées de ce roman de 133 pages, mais je vais tout de même vous donner un aperçu.

     David et Harriet, deux jeunes célibataires de la classe moyenne anglaise dans les années 1960, se rencontrent à une fête d'entreprise. Ils font connaissance et se découvrent de nombreux points communs ainsi qu'une vision identique de l'existance. Après être sortis ensemble durant quelques mois, ils se marient et achètent leur maison, un immense cottage de plusieurs étages garnis de plusieurs chambres déjà meublées. Quelques mois plus tard, Harriet découvre qu'elle est enceinte de son premier enfant. Après une grossesse sans grandes difficultées, elle accouche de Luke, puis l'année suivante de sa petite soeur,Helen, puis de Jane et enfin de son quatrième enfant, Paul. La famille Lovatt vit très heureuse et Harriett annonce qu'elle est de nouveau enceinte pour la cinquième fois. 

    Cependant, cette grossesse est différente des autres. Autant les quatre premières se sont déroulées sans encombres, autant celle-ci fait souffrir Harriett atrocement et l'oblige à accoucher à l'hôpital, contrairement à son habitude où elle accouchait chez elle. Le bébé lui-même n'est pas un bébé ordinaire, plus grand et plus lourd que la moyenne, dôté d'une force colossale, ce "monstre" horrifie sa mère, puis chaque personne qui lui rend visite. Personne n'ose malgré tout l'avouer à Harriett mais Ben révulse les gens dès le premier regard.

    Plus Ben grandit, plus il devient fort et incontrôlable, chacun de ses faits et gestes est d'une violence rare, il terrorise ses frères et soeurs et le foyer de la famille Lovatt, autrefois si pleins de monde et de vie, est devenu totalement vide. Puis un jour, David ne peut plus supporter cette situation et décide d'envoyer Ben dans une maison qui s'occupe de "ce genre de cas" où toute visite est strictement interdite. A son départ, la famille Lovatt retrouve la joie de vivre et peu à peu, Ben sort des esprits, tel un vieux cauchemard que l'on souhaite oublier. Mais Harriett, elle, n'oublie pas. Chaque jour qui passe, elle ne cesse de penser à cet enfant abandonné. Elle décide de lui rendre visite, malgré l'interdiction de son mari et voyant les conditions de vie de Ben, décide de la ramener à la maison, même si elle connait les terribles conséquences de son acte...

    Le personnage de Harriet m'a particulièrement touchée. En effet, cette mère-courage est prête à se mettre à dos toute sa famille pour sauver son enfant d'une situation très critique et mettre en péril le bonheur de sa famille ainsi que de son couple. Même si elle ne comprend pas son fils, elle conserve toujours cet instinct maternel qui va la marginaliser et lui infliger les reproches de sa famille qui n'hésite pas à crier haut et fort qu'elle se portait mieux sans Ben.

    Ce roman est le premier roman que je lis de Doris Lessing (prix Nobel de littérature en 2007) et pour avoir lu le texte dans sa version originale, je peux vous dire que le style de l'auteur est absolument magnifique et épouse parfaitement le récit. C'est un roman puissant est dur par le thème qu'il aborde et la façon dont il est abordé par l'auteur : la différence, le rejet des autres. Les mots qu'utilise l'auteur pour décrire Ben nous le rend totalement haïssable. On hait Ben autant que les autres et on souhaite qu'il sorte de la vie des Lovatt afin qu'ils retrouvent le bonheur d'antan. Mais cette haine pousse à réfléchir et on se sent coupable à notre tour, comme Hariett de ressentir de tels sentiments. Comment aurions-nous agis face à une telle situation ? Quel destin aurions-nous réservé à cette enfant ? La mort comme le souhaite David ? Ou alors comme Harriett, nous l'aurions gardé en vie avec une forte probabilité pour qu'il devienne quelqu'un de dangereux. Je laisse la question en suspend afin que chacun se fasse sa propre opinion.

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08 août 2013

La reine des lectrices, d'Alan Bennett.

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    Véritable best-seller ayant fait quasiment l'unanimité auprès des blogueuses, je n'avais pourtant jamais entendu parler de ce court roman anglais ! Un comble ! Cependant, grâce à la promotion estivale "2 livres achetés, le 3ème est offert" faites chez de nombreux éditeurs (dont Folio), j'ai enfin pu découvrir ce petit roman de 120 pages environ et je dois dire que sans être un coup de coeur, j'ai passé un moment agréable.

  L'idée de départ prête à sourire, Queen Elizabeth qui néglige ses fontions de monarque pour se consacrer uniquement à la lecture, voilà qui est original et inattendu ! Mais comment la reine en est-elle arrivée là ? En promenant ses chiens dans le parc du château de Windsor, elle croise la route d'un bibliobus et y fait deux rencontres majeures : les livres bien sûr mais aussi Norman, un employé des cuisines de Sa Majesté et également passioné de littérature. C'est lui qui va guider la reine dans ses premiers pas de lectrices en devenant son conseillé littéraire. 

  Alors qu'elle n'a jamais aimé lire pour le plaisir, la reine se découvre à 85 ans dans la lecture et c'est une occupation qui va changer sa vie : désormais elle devient plus attentive aux gens qui l'entourent et plus particulièrement à ses "ressources humaines" comme Sir Kevin, le majordome de la reine aime les appeler. Elle dévellope une certaine complicité avec Norman, qui n'est pas du goût de son entourage, tout comme sa nouvelle passion débordante pour la littérature, qui sont toutes deux contraires à l'étiquette.

  Mais la reine ne s'arrête pas en si bon chemin. Alors que tout est fait pour lui enlever le plaisir de lire, elle se plait à se constituer des listes de futures lectures et à consigner ses impressions dans un petit cahier, elle invite des écrivains et se renferme de plus en plus sur elle même quitte à en délaisser les affaires de son royaume. Ces évènements l'incitent à vouloir passer de l'autre côté du miroir, l'écriture.

  On finit par s'attacher à ce royal personnage qui s'humanise sous nos yeux grâce à la lecture et qui n'est plus uniquement un symbole de la monarchie anglaise. L'histoire originale par son propos est savament distillée par un humour so british ! J'ai également apprécié la critique faite en filligrane par l'auteur sur la rigidité de la monarchie et de son étiquette qui l'éloigne du peuple anglais, ainsi que son avertissement sur les dangers que peut comporter l'abus de lecture. 


  Un court roman sympatique, idéal pour l'été, qui se lit très rapidement ( quelques heures pour ma part) mais qui n'aurait pas mérité plus de développement selon moi. Cependant je suis restée dubitative sur la fin, ce qui m'a (un peu) gâché mon plaisir.

Ce billet est le premier du nouveau challenge auquel je participe "Le nez dans les livres saison 2" chez George mais également ma 10ème chronique sur ce blog !

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06 août 2013

1984, de George Orwell.

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    Edifiant. Je ne voit pas comment je pourrais commencer cette chronique autrement car c'est exactement le mot qui correspond au sentiment que j'ai éprouvé en fermant ce livre. Ce chef-d'oeuvre d'Orwell a été publié en 1948 mais pourtant j'ai la désagréable impression que l'auteur avait déjà deviné le déroulement probable de notre civilisation future. Et la polémique venue des Etats Unis récemment ne me contredit absolument pas. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si les ventes de 1984 ont augmentées depuis la révélation de l'affaire d'espionnage du gouvernement américain...  

    Mais je m'égare un peu. 1984, est une dystopie divisée en 3 grandes parties. Tout d'abbors la première décrit le monde de Winston Smith : Océnia ainsi que son fonctionnement. C'est une partie principalement descriptive mais malgré tout essentielle pour la compréhension du roman.

    Ainsi, les habitants sont constamment observés grâce à des "télécrans" ( écrans qui en plus d'observer, enregistrent les moindes faits et gestes des habitants pour mieux les réutiliser après), mais également par les posters géant du grand chef suprème de l'Océnia : Big Brother ( d'où la célèbre phrase "Big Brother is watching you".) qui semble vous fixer à tous moments et suit vos moindres mouvements. Mais ce qui m'a le plus choqué c'est la délation faite par les membres d'un seul et même foyer. Ainsi en Océnia, les enfants sont conditionnés dès le plus jeune âge à espionner leur parents et les dénoncer en cas de crime de la pensée envers Big Brother ou le Parti. Car oui, la pensée est désormais contrôlable et peut également vous incriminer. Les gens ont ainsi perdu toute humanité et ce phénomène est encouragé par le Parti qui peut ainsi mieux contrôler la population.

    La seconde partie est finalement la partie la plus joyeuse de ce récit, grâce à la relation Winston/Julia, elle donne de l'espoir même si on sait au fond que nos espérences ne seront pas réalisables. Je ne veux pas trop vous en dévoiler sur la dernière partie car elle est incontestablement ma partie préférée. La démonstation faite par l'auteur est implacable et horrifiante. On est prisonniers de cette atmosphère glauque et rien n'est fait pour laisser au lecteur le moindre répit. Mais en dehors de cette atmosphère oppressante, Orwell nous fait part d'une réflexion sur le pouvoir des peuples à se diriger eux-même, sur la liberté, la révolution et la dictature. Comme dit au début de ce billet, c'est édifiant. La dernière page, quant à elle, vous scotchera sur votre siège (enfin moi je l'ai vécu comme ça) et vous fera piquer une petite déprime momentanée mais malgré tout nécessaire afin de mieux prendre conscience de votre situation. 

    Ce n'est pas un livre que l'on lit à la légère, au bord de la mer, il nous fait réfléchir sur notre société, sur l'humanité et des travers et ce, bien après qu'on l'ai refermé. C'est une lecture importante qui à mon avis devrait être faite au moins une fois dans sa vie. 1984 fait partit de ces livres à mettre entre toutes les mains pour faire prendre conscience que tout peut basculer, et pas vers le bon côté... Bref 1984 est ce que j'appelle "un immense coup de poing" et c'est un roman qui vous bouleversera, c'est pour cette raison que je vous le conseille sincèrement.

 

Ce billet est ma troisième participation au challenge "Romans cultes" de Métaphore. Il fait également partit du challenge "La littérature fait son cinéma" chez Will en raison d'une adaptation cinématographique sortie en... 1984 ! Il est de plus pris en compte en tant que billet rétroactif pour le challenge de Bianca "les 100 livres à lire au moins une fois"

romans cultes blog   Challenge_La_litt_rature_fait_son_cin_ma_2013   challenge-des-100-livres-chez-bianca

 

 

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