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13 décembre 2014

A la poursuite d'Olympe, d'Annie Jay.

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     Il y a quelques temps, j'ai découvert le blog de Céline72 ainsi que la lecture commune qui était organisée sur ce roman historique jeunesse. Saisissant cette occasion inespérée de sortir ledit roman de ma PAL, je me suis donc inscrite auprès de l'organisatrice (sans toutefois publier mon billet au moment dit... *hum hum*). Malgré tout, bien m'en a pris, puisque j'ai repassée un excellent moment de lecture en compagnie du livre d'Annie Jay. En effet, A la poursuite d'Olympe est, au même titre que la totalité des autres romans de l'auteur, un des classiques de mon enfance. C'est donc avec un immense plaisir que j'ai relu les aventures de la belle Olympe avec quelques années de plus et que j'ai retrouvé la plume d'Annie Jay.

      A la poursuite d'Olympe est le deuxième roman publié par Annie Jay après Complot à Versailles. Nous suivons le destin d'Olympe, une jeune fille noble de l'époque de Louis XIV qui fuit le couvent parisien où elle était enfermée depuis ses 13 ans pour persuader son père de ne pas faire d'elle une religieuse vouée à faire don de sa vie à l'Eglise. 

     La jeune fille, loin de ressembler aux femmes nobles de son époque, aime bouger, courrir, rigoler sans s'arrêter, parler, réfléchir, débattre, donner ses idées. Plus instruite que les autres demoiselles de son temps, Olympe est l'archétype de ce que l'on appelait "les Précieuses", ces femmes éduquées qui voulaient sortir de leur condition de femme, être l'égal des hommes et qui étaient à la recherche de sensations fortes.

     Et de sensations fortes, Olympe ne risque pas d'en manquer en sortant de son couvant. Entre complot touchant les hautes sphères, rivalitées féminines, intrigues, fêtes, course poursuite avec la police, sans oublier l'Amour, Olympe découvre la vie sous toutes ses formes ainsi que la société à laquelle elle appartient. La jeune fille prend conscience, tout au long du roman, de sa condition de privilégiée du système, elle va grandir et mûrir en affrontant parfois abruptement la réalité. 

     Avec l'âge, j'ai beaucoup mieux saisis la dimmension historique qu'Annie Jay voulait insuffler à son livre. Bien que les personnages s'expriment dans une langue très actuelle, on découvre à travers les yeux de moins en moins candides d'Olympe la société française du XVIIème siècle sous le règne de Louis XIV. L'auteure nous décrit de manière assez précise le quotidien de ces Français d'un autre temps, sans toutefois tomber dans le côté "documentaire". Par ailleurs, l'ensemble reste tout à fait compréhensible pour les enfants (et c'est là l'essentiel) et les adultes apprendront surement beaucoup sur la vie quotidienne des années 1680.

     En relisant ce livre avec quelques années de plus, j'ai eu l'impression de ne plus percevoir cette oeuvre de la même manière. J'ai ressenti beaucoup de nostalgie lors de la lecture et l'attachement que j'ai éprouvé pour Olympe et ses amis est resté intact depuis toutes ces années. Seul le dénoument final, que j'avais beaucoup aimé à l'époque m'a un peu déçue aujourd'hui car il était trop conventionel, contrairement à notre chère Olympe, j'aurai aimé un peu plus de surprises. Comme quoi, chaque âge a ses plaisirs !

 

Cette lecture était sensé être une LC partagée avec Celine72 et EntrelesPages, bien qu'elle se soit fini depuis longtemps je vous laisse tout de même les liens. Par ailleurs, c'est une nouvelle participation à plusieurs challenges auxquels je participe, le challenge   "Le mélange des genres" et le Plan ORSEC 2014 chez George.

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13 octobre 2014

Hors de moi, de Didier Van Cauwelaert.

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      Ça a beau être une lecture qui date un peu (même beaucoup), mais je garde encore un souvenir assez vivace de Hors de moi de Didier van Cauwelaert. C'est par ce thriller, ma première incursion dans ce genre depuis l'ouverture de ce blog, que je découvre le vaste univers littéraire de Didier van Cauwelaert. Cet ouvrage est un des plus connu de l'auteur, et peut sembler familier pour certains d'entre vous. En effet, pour les amateurs (amatrices) de films d'action, vous avez très probablement entendu parler de sa célèbre adaptation au cinéma sortie en 2011 sous le titre de Sans identité avec l'acteur Liam Neeson dans le rôle principal de Martin Harris. Pour celles et ceux qui ne connaitraient pas le film et/ou le livre, voici en quelques mots de quoi pouvoir vous situer au niveau de l'intrigue :

     A la suite d'un accident de voiture qui a failli lui coûter la vie, le biologiste américain Martin Harris a perdu tout ce qui composait son identité : son nom, son travail, sa femme... A sa sortie de l'hôpital, il découvre avec effroi que quelqu'un s'est approprié sa vie. Son entourage est persuadé que l'intru qui évolue à leurs côtés est le véritable Martin Harris et que personne, pas même sa femme, ne se rappelle de lui. Comment prouver son identité lorsqu'on a tout perdu ? Qu'est-ce qui permet de prouver qu'on existe aux yeux des autres ? 

     A travers ce roman, Didier van Cauwelaert aborde des thématiques importantes qui nous concerne tous en tant qu'individu. En effet, qu'est-ce qui nous permet de nous rendre unique, de nous différencier des autres ? Quels sont les éléments qui permettent de (re)construire notre identité ? En suivant le déroulement haletant de cette quête d'identité, le lecteur en profite pour se questionner sur lui-même, sur ce qui le caractérise en tant qu'individu. Cette introspection personnelle du lecteur permet de placer Hors de moi dans la catégorie peu fournie des "thrillers métaphysiques".

     En ce qui concerne tout l'aspect "thriller" a proprement parler de ce roman, Didier van Cauwelaert respecte toutes les règles du genre : le suspense est omniprésent, on y retrouve une intrigue complexe ainsi que de beaux moments d'actions qui font de Hors de moi un roman haletant. L'auteur parvient ici à nous donner l'impression de lire un polar anglo-saxon, à la façon d'Harlan Coben... la french touch en plus. Ce qui est loin d'être désagrable. 

     Hors de moi m'a donnée envie de lire d'autres ouvrages de Didier van Cauwelaert tels que Le témoin de la mariée, Un aller simple (Prix Goncourt 2014) ou encore Le père adopté mais aussi (et surtout) de découvrir enfin l'adaptation cinématographique Sans identité, dont je vous ai déjà un peu parlé en début de billet afin de pouvoir les comparer. J'ai aussi vu qu'une version poche de la suite de Hors de moi venait de paraitre chez le Livre de Poche sous le titre de Double identité (référence à peine voilée au titre du film) qu'il me tarde également de lire. Un beau programme de lectures en perspective, qui je l'espère, sera à la hauteur du thriller que je vous ai (enfin !) présenté aujourd'hui.

 

Cette lecture est une nouvelle participation aux challenges auxquels je participe : le challenge "La littérature fait son cinéma" chez moi, le challenge "Le mélange des genres" chez Miss Léo ainsi que le Plan ORSEC 2014 chez George.

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27 septembre 2014

Topaze, de Marcel Pagnol.

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      La rentrée des classes s'est faite il y a près d'un mois déjà, mais mon envie de parler de cette période sympathique au travers de la lecture s'est une fois encore manifestée. J'ai lu Topaze il y a de ça quelques mois, mais j'en garde encore un souvenir intact, ce qui fait que je peux encore vous en parler aujourd'hui sans que ma mémoire ne fasse défaut. Cette pièce de théâtre est la deuxième oeuvre que je découvre de Marcel Pagnol après La fille du puisatier que j'avais lu en Juillet 2013. Bien que je ne la découvre que plus tardivement dans l'ordre de mes lectures, Topaze reste une pièce importante dans l'oeuvre de Pagnol car elle symbolise son premier succès théâtral en 1928. 

     Contrairement à La fille du puisatier qui possède une forme d'écriture moderne pour son époque (pas de découpage des scènes en actes) et que l'on peut rapprocher de la comédie de moeurs par son intrigue, Topaze est une pièce beaucoup plus classique autant dans sa forme que dans son fond. Digne héritière des plus grandes comédies de Molière, Topaze est avant tout une comédie de caractères avec des personnages très typés : le naif, la manipulatrice, le(s) cupide(s)..., qui sont très facilement identifiables pour le lecteur. Bien que très classiques dans la mécanique, les ressorts comiques de la pièces fonctionnent à merveille et ce, encore aujourd'hui.

     Bien que possédant une mécanique comique classique, la pièce de Pagnol se distingue de ses contemporaines grâce au ton particulier qui est employé. En effet, celui-ci est très moderne pour son époque car il est à la fois cynique, comique et plein d'ironie. Ce mélange des tonalités était assez peu courant en ce temps là mais cela n'a pas empêché Topaze de connaitre un grand succès sur scène. De plus, le sujet de la pièce a été très fortement inspiré par la société de son temps, ce qui fait que la pièce a été très actuelle pour son époque. Cette pièce connait donc une certaine particularité grâce à ce subtil mélange entre le classique et le moderne.

     Tout débute dans une salle de classe, que l'on qualifierait d'ancienne aujourd'hui, de la pension Muche. On y retrouve Topaze, le maitre d'école typique, très naïf mais profondément honnête. Fidèle à son habitude de tirer ses élèves vers le haut, on le retrouve en train de donner des cours particuliers à un élève en grande difficultée. De cette situation vont découler de nombeux quiproquos et malentendus qui vont faire vivre à Topaze de sacrées aventures ! 

     Au fil de la pièce, on suit l'évolution psychologique du personnage de Topaze, qui de naïf et honnête devient particulièrement cupide et cynique. J'ai trouvé que Marcel Pagnol décrivait très bien cette (r)évolution complète du personnage grâce au comique de situations ainsi qu'aux différentes répliques parfois cultes et souvent pleine d'humours des personnages. J'ai aimé l'alternance entre l'humour pur et franc si reconnaissable de Pagnol et l'ironie finement distillée tout au long de la pièce, qui change un peu du reste de son oeuvre. Par ailleurs, la fin de la pièce surprend le lecteur car elle ne correspond pas du tout aux attentes du lecteur et sort des sentiers battus de la comédie à la française.

     J'ai beaucoup apprécié cette nouvelle lecture de l'oeuvre de Marcel Pagnol car j'y ai découvert un aspect différent par rapport à ce que je connaissais de lui. Avec Topaze, j'ai découvert une nouvelle facette  de son univers dramatique qui ne ressemble pas à La trilogie marseillaise et encore moins à La fille du puisatier. J'ai aimé ce mélange des genres, que l'on a pas l'habitude de lire dans les pièces de théâtre françaises et qui fait tout le charme de Topaze.

 

Ce billet est une nouvelle participations aux challenges auxquels je participe : le challenge "Marcel Pagnol" chez moi, le challenge "Cartables et Tableaux noirs saison 2" chez George (dernière participation pour cette saison), le challenge "La littérature fait son cinéma" chez moi car Pagnol a bien entendu adapté sa pièce au cinéma, le challenge "Théâtre" chez Eimelle et le plan ORSEC 2014 chez George

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10 septembre 2014

Saint-Cyr : La maison d'Esther, d'Yves Dangerfield.

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     En cette période particulière que l'on appelle "rentrée des classes", j'ai voulu, à ma manière, ajouter une pierre à l'édifice en vous proposant aujourd'hui une lecture ayant en partie pour thème l'éducation. Pour celles et ceux qui connaissent bien la série littéraire jeunesse à succès d'Anne-Marie Desplat-Duc intitulée Les colombes du Roi-Soleil, vous ne serez pas dépaysés par le livre que je vous présente aujourd'hui puisqu'il se situe sensiblement dans le même univers, à la différence près qu'il s'agit ici d'un livre à destination des adultes. Par ailleurs, Saint-Cyr : La maison d'Esther a été publié avant Les colombes du Roi-Soleil et a très probablement été une source d'inspiration pour Anne-Marie Desplat-Duc. Ce livre va donc plaire aux amatrices du genre !

    L'histoire telle qu'elle nous est racontée ici par Yves Dangerfield s'inspire d'un fait historique réel datant du règne de Louis XIV, le fameux Roi-Soleil. Pour celles et ceux qui l'ignorent, à la fin de son règne, Louis XIV, sous l'infuence de sa compagne Madame de Maintenon, ouvre une maison d'éducation à destination des jeunes filles nobles mais pauvres issues de toutes les provinces du royaume. Le projet est novateur, car pour la première fois dans l'Histoire, on s'intéresse vraiment à l'éducation des filles en leur proposant des matières réservées jusqu'à présent aux hommes, telles que l'histoire, la géographie, la littérature et parfois de la philosophie ou des mathématiques. Une éducation plus que complète puisqu'il faut ajouter à cela les matières réservées à l'époque aux filles (couture, morale, religion...). 

   A partir de ce contexte, Yves Dangerfield s'est plu à imaginer le destin de certaines pensionnaires de la Maison de Saint-Louis. Alors que nous suivons la vie paisible au sein de la Maison de Madeleine de Glapion, Anne de la Haye et Catherine du Pérou, leur quotidien est bousculé par la nouvelle pièce de Racine, Esther, commandée et écrite spécialement pour les jeunes filles de Saint-Cyr. L'excitation est à son comble pour ces pensionnaires qui sortent tout juste de leurs provinces car elles joueront la pièce devant le Roi et sa Cour au moment du Carvanal. Ces conditions extraordinaires vont transformer radicalement ces jeunes filles dociles. Elles vont s'ouvrir au monde qui les entoure et s'opposer aux lois de la Maison pour changer ainsi leurs destins.

     J'ai été, si on peut le dire ainsi, "biberonnée" par la série d'Anne-Marie Desplat-Duc durant mon enfance. Je connaissais donc sur le bout des doigts les aventures des Colombes et de la Maison de Saint-Louis à force de les relire. Des années plus tard, j'ai été ravie de retrouver cette atmosphère qui me plaisait tant en lisant le livre d'Yves Dangerfield. Comme c'est un livre à destination des adultes, le romancier apporte une psychologie plus profonde aux personnages et l'intrigue colle beaucoup plus à la réalité historique. Il y a ainsi moins de merveilleux mais c'est sans doute mieux comme cela. Cette volonté de retracer au plus près le destin de cette maison unique en son genre m'a beaucoup plu, et j'ai été étonnée par le final... mais je ne vous en dirais pas plus !

     Une lecture sur une période du règne de Louis XIV assez méconnue mais qui en vaut le détour. On découvre une Madame de Maintenon différente, plus humaine, un Racine en fin de vie, qui semble apaisé. Saint-Cyr : La maison d'Esther permet également aux lecteurs de mieux visualiser le déclin de la plus grande Cour d'Europe à la fin du règne du Roi Soleil ainsi que l'application du traité de Fontainebleau qui a obligé des milliers de prostestants à quitter le pays. Pour celles qui ne souhaite pas lire le livre, il a été adapté au cinéma en 2000 par Patricia Mazuy (la couverture est d'ailleurs une image du film, avec Isabelle Huppert dans le rôle de Madame de Maintenon).

 

Cette lecture est une nouvelle participation aux challenges auxquels je participe : le challenge "Cartables et tableaux noirs saison 2" chez George, le challenge "La littérature fait son cinéma" sur mon blog, le challenge "Plan ORSEC 2014" chez George et le challenge estival de Métaphore.

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31 août 2014

Loeuk... Tchong Kraoy : La dernière fois, de Phiseth Srun.

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     Loeuk... Tchong Kraoy est un roman qui a une signification toute particulière pour moi : c'est le premier Service de Presse que je reçois de la part d'une maison d'édition depuis la création de mon blog il y a un peu plus d'un an. Il a également une valeur unique pour sa maison d'édition, les Editions VPS, car c'est le premier ouvrage qu'ils publient depuis la création de la maison en janvier 2014. Sans compter que c'est le premier roman de l'auteur, Phiseth Srun, c'est donc un livre pour qui il a donc, on s'en doute, un attachement qui lui est propre.

     Loeuk... Tchong Kraoy est un livre synonyme de la première fois pour nous trois (l'auteur, l'éditeur et votre fidèle servante) mais c'est également le récit d'une première fois pour Zsunara, le personnage-narrateur de l'histoire. Contraint de fuir son pays, le Cambodge, qui est aux mains des Khmers Rouges, ainsi que sa famille et ses amis, Zsunara parcourt un long périple dans l'Asie du Sud-Est pour rejoindre des amis de sa famille établis au Laos. Loeuk... Tchong Kraoy est le récit de ce voyage fondateur où Zsunara va apprendre à devenir un adulte et à appréhender le monde avec maturité et expérience. La majeure partie du récit nous dévoile la vie quotidienne dans ces pays (Cambodge, Thailande et Laos), aux travers des yeux assez candides de Zsunara, dans un contexte politique plus que troublé par les révolutions communistes des années 1970.

     On découvre ainsi, en tant qu'occidental, un mode de vie totalement différent. On est confronté à une autre culture, à une autre civilisation, comme si nous étions nous-même à la place de Zsunara, à la découverte de tous ces pays étrangers. L'immersion, telle qu'elle nous est proposée par Phiseth Srun est totale et de bonne facture. On voyage loin sans bouger de chez soi. On ressent un sentiment d'apaisement, d'exotisme, alors que sous nos yeux, nous assistons à la montée violente au pouvoir des rebelles communistes.

     Ce sentiment contradictoire est ce qui fait la particularité de ce récit. alors que l'Histoire nous a transmis le récit des différents crimes perpétrés par les Khmers Rouges, le long voyage de Zsunara se déroule calmement et sans la moindre encombre. J'aurais aimé que son voyage, qui est la partie principale du livre, soit plus riche en péripéties et en évènements, qu'il confronte plus souvent son expérience à celle des autres. J'ai eu l'impression durant ma lecture que Zsunara n'était pas acteur de son voyage mais simple observateur. Il est souvent en retrait des évènement, à l'image des descriptions qui émaillent le récit.

     Si les descriptions m'ont conquises en m'enmenant à l'autre bout de la planète, je dois cependant avouer que les dialogues m'ont laissée de marbre. Je les ai trouvés très plats et parfois sans intérêt pour la suite de l'histoire. L'ensemble ne faisait pas "vrai", on sentait que ce n'était pas naturel. J'ai eu l'impression de lire quelque chose de très scolaire. Ils sont, fort heureusement, peu nombreux et ne gâchent pas le plaisir de la lecture. 

     Loeuk... Tchong Kraoy est un livre que je n'aurai sans doute jamais pu lire si je n'avais pas eu mon blog de lecture. Je remercie par ailleurs très chaleureusement les Editions VPS d'avoir pensé à me contacter pour faire parler de leur livre sur Internet. Grâce à eux, j'ai pu passer un bon moment de lecture dans l'ensemble malgré les quelques défauts que j'ai pu mentionner ci-dessus. Je conclurais ce billet de lecture en souhaitant une longue vie dans le paysage éditorial français aux jeunes Editions VPS qui en sont à leur première année d'existence ! 

Ce billet est une nouvelle participation au challenge estival de Métaphore "Ma PAL fond au soleil".

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23 juillet 2014

La grammaire est une chanson douce, d'Erik Orsenna.

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     Si je n'avais pas vu Chapitre Onze lire ce court roman/conte sur Twitter, je pense qu'il ne serait pas sorti de sitôt de ma PAL. Pas parce qu'il ne me faisait pas envie, au contraire, j'avais déjà beaucoup aimé son petit précis de mondialisation Voyage au pays du coton. J'étais donc ravie de retrouver la plume de cet auteur dans un tout autre genre, celui du conte et plus généralement, celui de la fiction. 

     La grammaire est une chanson douce est le premier volume d'une série de plusieurs ouvrages, dont le dernier, La fabrique des mots, fut édité l'année dernière. Erik Orsenna nous raconte ici l'histoire de deux enfants, Jeanne et Thomas, qui sont les seuls survivants d'un naufrage (et non pas d'un crash aérien comme j'ai pu précédement l'écrire !!!). Echoués sur une île qui leur est inconnue, les deux enfants vont très rapidement se rendre compte qu'ils ont perdu l'usage de la parole. Avec l'aide de Monsieur Henri (Salvador ;) ), ce "petit monsieur basané, droit comme un "i" dans son costume de lin blanc et coiffé d'un canotier", roi des berceuses (les chansons douces), les deux enfants vont séjourner sur cette île et réapprendre à parler, à aimer les mots, la langue française.

     La grammaire est une chanson douce est un conte que j'aurai adoré lire si j'avais été plus jeune. L'imagerie que développe Erik Orsenna pour nous décortiquer et nous faire comprendre le difficile mécanisme de la grammaire française, est absolument formidable. J'ai beaucoup aimé cette vision de la langue française, ludique et joyeuse, parfois un peu cruelle, ce qui fait qu'elle peut intéresser les plus jeunes au même titre que les plus grands. Je pense que si j'étais institutrice ou professeur de français au collège, je ferai étudier ce livre à mes élèves. 

      En effet, loin de se plier au très rigide et pompeux vocabulaire de l'Education Nationale utilisé pour inculquer quelques points de grammaire aux jeunes enfants, ce livre nous montre que l'on peut enseigner la grammaire de manière beaucoup plus simple et beaucoup plus efficace, il suffit juste d'un peu d'immagination et de créativité. De plus, les dessins réalisés à l'aquarelle qui émaille le récit renforcent l'effet de simplification des notions difficiles pour les enfants. Et puis, le sentiment d'identification est très présent, ils n'ont qu'à choisir entre Jeanne et Thomas...

      Néanmoins, si on entre tout de suite dans le vif du sujet au bout de deux courts chapitres, l'action ralentie après sensiblement à cause de nombreuses descriptions qui rendent le récit assez plat. Heureusement, ce sentiment ne dure pas pendant tout le livre et l'intrigue se ressaisi assez vite. J'ai également trouvé que le dénouement final était un petit peu trop naïf et attendu, mais ça ne m'a pas ôté l'envie de découvrir rapidement la suite des aventures de Jeanne et Thomas qui se trouvent dans ma PAL, à savoir Les chevaliers du subjonctif.

 

Ce livre est une Lecture commune partagée avec Chapitre Onze (on remet ça quand tu veux !) mais c'est aussi une nouvelle participation à plusieurs challenges auxquels je participe : le challenge "Cartables et Tableaux noirs saison 2" chez George car une partie du roman se déroule dans une école primaire, le challenge "Il était une fois" chez Mayartémis sur Livraddict ainsi que le Plan ORSEC 2014 chez George et le challenge estival "Ma PAL fond au soleil" chez Métaphore

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03 juillet 2014

Urgence, de Christian Grenier.

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      Je lis très rarement des livres pour la jeunesse (le dernier en date étant Iqbal, un enfant contre l'esclavage de Francesco d'Adamo) mais Urgence est un livre de mon enfance que je n'avais jamais pris le temps de regarder, de feuilleter, de lire. La couverture ne me faisait pas envie, et à cet âge, elle est essentielle car elle détermine les envies de lecture. Lorsque je l'ai retrouvé il y a peu au fond de ma bibliothèque, je me suis dit que ce serait bête de passer à côté. En effet, la quatrième de couverture m'a tout de suite donnée envie de me plonger dans ce très court roman jeunesse (80 pages écrites en gros caractères) qui prend pour sujet la Seconde Guerre Mondiale (sujet qui me passionne).

      Ce texte est tirée d'une histoire vraie, celle d'un ami de Christian Grenier nommé François, qui, au moment de la libération de la ville de Besançon par les troupes alliées, est atteint d'une maladie inconnue et très probablement fatale pour le jeune garçon qu'il était alors. Son destin semble alors scellé, le médecin de la famille semble avoir perdu tout espoir de le sauver, ses parents sont impuissants et désespérés face au mal mortel qui ronge leur fils unique... jusqu'au jour où le père de François, René, entend à la radio que la base générale de l'armée américaine située à Paris possède un échantillon d'un nouveau médicament expérimental, la pénicilline.

     Il n'en fallait pas plus pour que René retrouve la force, l'espoir, le courage et la détermination dont il aura fortement besoin pour se jeter sur les routes de France en quête du remède miracle. Le temps presse, les heures de François sont désormais comptées et René n'aura qu'une journée pour faire l'aller-retour qui lui permettra de sauver son fils. Le parcours sera long et périlleux, car la France est encore partiellement occupée et les routes contiennent de nombreux barrages militaires des deux camps.

      Je n'ai plus l'habitude de lire des romans jeunesse, mais j'avais trouvé l'intrigue d'Urgence digne d'intérêt pour les lecteurs adultes puisqu'il s'agit d'un fait ayant réellement existé . Le récit de cette histoire vraie est palpitant et efficace, on croirait lire un thriller. L'effet "course contre la montre" pour la survie d'un enfant apporte une certaine tension au récit, cela approrte un véritable enjeux à l'histoire. On a du mal à arrêter sa lecture en cours de route, car chaque ligne compte et nous rapproche un peu plus du but.

     J'ai aimé la double dimmension de cette histoire, l'une qui est historique et l'autre qui s'apparente au thriller. Ce court roman se situe à un moment essentiel de la Seconde Guerre mondiale en France, à savoir la libération progressive du territoire par les Alliés. On sent au travers du récit que le conflit n'est pas encore totalement achevé, qu'il y a encore de nombreuses zones tendues. Etant dans le cadre d'un roman destiné à de jeunes lecteurs (je dirais 8-12 ans), Christian Grenier en profite pour dresser un panorama des différentes positions vis-à-vis de l'ennemi qu'a occupé la population française durant l'Occupation. On retrouve ainsi des résistants, des "collabo" ainsi que la majorité silencieuse qui n'a pas pris position pour aucun des deux camps. J'ai regretté que l'auteur aborde ce contexte historique de manière trop succinte et trop superficielle. J'ai trouvé plus généralement que l'ensemble manquait de profondeur, de détails. La narration et la description étaient selon moi beaucoup trop simpliste, même si c'est sensé viser un jeune public qui n'a peut-être pas les connaissances nécessaires pour aborder les choses plus profondément.

     Une lecture rapide qui, je pense, peut donner aux jeunes lecteurs l'envie d'en savoir plus sur la Seconde Guerre mondiale et l'Occupation de la France durant le conflit par les Allemands.  

 

Ce billet est une participation à plusieurs challenges auxquels je participe : Le challenge Seconde Guerre Mondiale chez moi, le Plan ORSEC 2014 chez George et le challenge estival chez Métaphore "Ma PAL fond au soleil"

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27 juin 2014

Lucrèce Borgia, de Victor Hugo.

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      Alors que ce cher Victor Hugo est actuellement malmené et trainé dans la boue par une bande de lycéens en furie à cause du très beau poème Crépuscule auquel ils n'ont rien compris, je me suis dit qu'il était grand temps que je crie tout mon amour pour la prose de ce grand écrivain, également poète de talent, et dans le cas qui nous intéresse aujourd'hui, dramaturge de génie. J'avais lu au mois d'Avril dernier le drame Lucrèce Borgia mais je n'en avais toujours pas fait de billet par manque de temps. Voilà une injustice qui est aujourd'hui réparée.

      Lucrèce Borgia n'est pas la pièce de théâtre la plus connue de Victor Hugo. Eclipsée par Hernani et autres Ruy Blas, cette pièce devrait être néanmoins appréciée à sa juste valeur. Véritable petit bijoux du théâtre romantique, cette pièce met en scène la sulfureuse Lucrèce Borgia dans un rôle particulièrement riche et réussi. Elle est la figure centrale de cette pièce, toute l'intrigue gravite autour d'elle et de sa relation avec le personnage de Gennaro. 

     L'intrigue de la pièce est assez simple et en même temps complexe puisqu'elle repose beaucoup sur le jeux des réputations et des rumeurs. Gennaro, sensé être le personnage principal de la pièce, est un mercenaire à la solde du doge de Venise. Il ignore tout de ses origines familiales et idéalise sa mère qu'il pense être la plus vertueuse des femmes, douée d'un amour sans bornes pour ce fils qu'elle a abandonné. Lucrèce, quant à elle, doit continuellement subir les nombreuses insultes et références à son passé plus que douteux alors qu'elle souhaite se repentir et construire une relation saine avec son fils Gennaro, fruit des amours incestueuses avec son frère.

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     Néanmoins, Lucrèce n'est pas seulement le monstre dont la réputation sulfureuse n'est plus à faire, c'est également une femme douée de sentiments et d'un instinct maternel qui l'a pousse à protéger son fils des dangers auxquels il doit faire face. Alors que son troisième époux est persuadé que Gennaro est l'amant de Lucrèce, celle-ci doit prouver qu'elle n'est plus la femme de tous les scandales et qu'elle est sur le chemin de la réhabillitation. Cette démarche louable est cependant semée d'embûches car elle doit absolument dissimuler le lien véritable qui l'a lie à Gennaro.

    Cette pièce est magnifique, c'est un véritable coup de coeur pour moi. Je l'ai lue d'une traite et j'ai été passionnée par le destin tragique de cette femme qui symbolise tous les fantasmes les plus inavouables de l'humanité. Les dialogues sont fluides et poétiques, c'est un véritable plaisir de lecture. On a envie de relire cette pièce dès que l'on referme le livre pour encore mieux saisir et savourer toute la beauté de ce drame romantique. Le style de Victor Hugo est toujours aussi exceptionnel et arrive à nous passionner, à nous faire vibrer pour ces personnages et leurs issues fatales. Ce texte est un véritable joyau qui doit être sublimé lorsqu'il est représenté sur scène. Je vous en donnerais la confirmation lorsque j'aurais vu la mise en scène de Denis Podalydès de la Comédie Française au mois de Juillet avec Guillaume Gallienne dans le rôle-titre.

 

Ce billet est une participation à deux challenges chez Eimelle : le challenge Il Viaggio et le challenge Théâtre. C'est de plus une participation au challenge Victor Hugo organisé par Lemillefeuilles sur Livraddict et compte bien évidement pour le Plan ORSEC 2014 chez George.

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10 juin 2014

Chagrin d'école, de Daniel Pennac.

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      Lu dans le cadre d'une lecture commune partagée avec Azilis, Chagrin d'école est le premier ouvrage appartenant à la littérature adulte que je lis de Daniel Pennac. Jusqu'à présent, durant mon enfance, j'avais découvert les désormais classiques de la littérature enfantine que sont L'oeil du loup et la série des Kamo. Cependant, Chagrin d'école ne se situe pas très loin du monde de l'enfance puisqu'il aborde un thème qui prend une place très importante durant la jeunesse : L'ECOLE.

      Cet ouvrage récompensé par le prestigieux Prix Renaudot en 2007 est à la fois un essai portant sur le système scolaire français actuel, un témoignage d'ancien professeur et un récit de souvenirs d'enfance où l'on apprend avec surprise que le génial écrivain Daniel Pennac était en réalité... un cancre ! Ce livre est donc un ouvrage aux multiples facettes, ce qui rend la lecture plus riche et passionnante. Les passages personnels (et à mon humble avis, un peu romancés) sont entrecoupés de réflexions qui m'ont semblées très juste sur l'école actuelle. J'ai été souvent du même avis que l'auteur sur ces considérations que certains peuvent qualifier de "dépassées", mais qui m'ont parues être pleine de bon sens. 

     J'ai également apprécié mes retrouvailles avec le style de Pennac dans un registre plus sérieux, plus adulte. Néanmoins, la légèreté est tout de même au rendez-vous, on prend plaisir à dévorer ces pages, à découvrir le passé de cancre du jeune Daniel Pennacchioni, ce mauvais élève qui reste encore très présent dans la vie de l'auteur et qui n'hésite pas à recadrer l'adulte qu'il est devenu lorsque qu'il fait preuve de démagogie. J'ai aimé la relation tendre que Pennac partage avec son fantôme d'enfance et qui apporte une dynamique particulière au récit.

   La figure du cancre, ici, n'est pas qu'un prétexte utilisé par Pennac pour critiquer le système scolaire français actuel ou pour parler de son enfance. Non. Le cancre est, dans cet ouvrage, méticuleusement analysé, décrit et décripté. L'auteur cherche réellement à connaitre les causes de son échec scolaire, à trouver des solutions pour l'aider à s'en sortir. Pennac aborde d'ailleurs la question du cancre en cherchant à se détacher des lieux communs qui lui sont attachés, il tente de percer à jour le véritable profil de cet élève qui est en proie à ses difficultés scolaires. Cette démarche m'a profondément intéressée et j'ai trouvé que Pennac arrivait à plutôt bien saisir la psychologie de ces élèves qui sont mal dans leurs peaux.

   Vous l'aurez compris, j'ai beaucoup apprécié cette lecture qui est loin d'être un énième ouvrage critique sur l'école ou un livre de souvenirs d'enfance. Chagrin d'école arrive à pointer les difficultés du système scolaire actuel tout en proposant des solutions qui me semblent adaptées à la situation. On s'attache au personnage du cancre Pennac et on admire le charisme et l'implication du professeur envers la lourde mission qui lui a été confiée. A la fin de la lecture, on referme ce livre en se disant que l'on aurait aimé avoir un tel professeur durant notre scolarité et on aimerait que les idées données ici par Pennac soient appliquées dans la réalité (je pense notamment aux textes de littérature à apprendre par coeur qui permettent d'améliorer la culture littéraire des élèves, ce qui, dans certains cas, ne serait pas du luxe !)

Grâce à ce billet, je fais un combo de challenges chez George : le challenge "Daniel Pennac" of course, mais aussi le challenge "Cartables et tableaux noirs" ainsi que le Plan ORSEC 2014. De plus, cette lecture a été partagée avec Azilis dont vous pouvez retrouver l'avis ICI.

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06 juin 2014

Des gens très bien, d'Alexandre Jardin.

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      A l'occasion de la commémoration du D-Day et grâce à l'initiative du blog Les bavardages de Sophie qui nous invite à publier un article autour de la Seconde Guerre Mondiale aujourd'hui, je me suis décidée à lire Des gens très bien d'Alexandre Jardin. 

     J'avoue n'avoir jamais lu ses romans qui connaissent un certain succès en librairie, tel que Fanfan ou encore Le Zebre, avant de m'attaquer à celui-ci. Il paraitrait néanmoins que ce roman-ci se détache de tout ce qu'il a pu écrire auparavant, ce qui me permet donc de découvrir une facette plus discrète, plus secrète du romancier. Ses livres abordent habituellement (parait-il) des sujets plus légers, ce qui est loin d'être le cas avec Des gens très bien qui a pour thème, vous l'aurez compris, la Seconde Guerre mondiale.

    Grâce à ce livre, Alexandre Jardin aborde le conflit mondial d'une manière inhabituelle. C'est au travers de sa propre expérience et de ses origines familliales que l'écrivain à succès livre son ressenti sur tout un pan qui fait aujourd'hui encore débat : la mémoire lié au régime de Vichy. En effet, qui mieux qu'Alexandre Jardin, petit-fils de Jean Jardin, dit "Le nain jaune" (le chef de cabinet de Pierre Laval durant la Rafle du Vel' d'Hiv) pour aborder cette question si épineuse ?

   La généalogie de l'auteur est un élément important qui agit à double tranchant dans le récit : il apporte à la fois un éclairage intéressant et inédit dans la production littéraire française, mais malheureusement Alexandre Jardin profite de cette tribune et de sa position pour, d'une certaine manière, régler ses compte avec sa famille. Cet affrontement peut parfois paraitre excluant pour le lecteur qui a l'impression de pénétrer dans l'intimité de la famille Jardin. Cette caractéristique se retrouve principalement dans le début du livre et disparait peu à peu pour laisser la place à un témoignage touchant par la sincérité de la démarche entreprise par l'écrivain.

     Car c'est là que réside tout l'intérêt de cette lecture : la mise à nu d'un écrivain à succès à qui tout semble sourire mais qui est tourmenté par les démons de son passé famillial durant une époque on ne peut plus troublée. Alexandre Jardin annonce très clairement son objectif au début du livre : il n'a pas écrit Des gens très bien dans l'intention de réhabilliter son grand-père ou d'enjoliver son parcours comme a pu le faire son père Pascal Jardin, dit "Le Zubial" en écrivant Le nain jaune dans les années 1970. Il a écrit ce livre pour livrer le récit "honnête" d'un destin trouble ainsi que tout son cheminement personnel pour faire la paix entre sa conscience et son passé. 

     Des gens très bien est donc un livre qui donne matière à réflexion même si la démarche faite par l'auteur peut sembler trop intime pour un lecteur lambda. J'ai apprécié le courage qu'à dû déployer l'auteur pour faire face à son passé famillial, sa famille et sa propre vie qui a toujours été ambivalente : une vie publique qui semble joyeuse et insouciente alors que dans le privé Jardin se lance dans des investigations de pointe en vue de percer à jour le rôle véritable qu'à pu jouer son grand-père durant la période la plus sombre de l'Histoire de France.

Ce billet rentre dans le cadre de plusieurs challenges auxquels je participe : le D-Day sur les blog chez Les bavardages de Sophie, le challenge consacré à la Seconde Guerre Mondiale sur mon blog, ainsi que le Plan Orsec 2014 chez George.

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