04 février 2014

Novecento : pianiste, d'Alessandro Baricco.

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     Lu dans le cadre d'une lecture commune partagée avec Eimelle, Lili, Jostein et Miriam, Novencento: pianiste est un monologue théâtrale d'Alessandro Baricco. Selon son auteur, Novecento se situerait "à mi-chemin entre une vraie mise en scène et une histoire à lire à voix haute". Je partage son avis et j'irai même plus loin en disant que ce texte pourrait être considéré comme un véritable conte pour adulte, pleins de charme et de poésie.

     C'est d'ailleurs ce qui m'a fait considérer ce court ouvrage comme un véritable coup de coeur. La poésie traverse le texte du début à la fin, on est charmé par l' histoire de Danny Boodman T.D. Lemon Novecento, l'homme qui n'a jamais mis les pieds sur terre (au sens propre comme au figuré). On est emporté par le récit qui nous est conté par son meilleur ami. La musique de l'Océan jouée par Novecento plusieurs fois dans le récit et hymne symbolisant sa différence nous berce et on voyage, sans nous en rendre compte, dans un bateau transaltlantique dans les années 1920-1930, période charnière de l'imigration européenne vers les Etats-Unis.

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    Cette dimmension temporelle est importante car grâce à ce récit, on visualise certains aspects historiques sur la vie des passagers des différentes classes dans ces bateaux à travers le regard des musiciens de l'orchestre (ce qui m'a fait penser au film Titanic de James Cameron). On éprouve une certaine tendresse pour les voyageurs de la 3ème classe ainsi pour les musiciens qui ne sont là que pour servir de distraction aux passagers. Ceux-ci en oublient même de prêter attention au génie musical de Novecento qui traverse néanmoins les océans et acquiert une certaines renommé dans tous les ports...

    Comme dit précédent, j'ai beaucoup aimé cette ouvrage par la musicalité et la poésie qui s'en dégage. J'ai été émue par la relation d'amitié entre Novecento et le personnage-narrateur qui s'est établie grâce à la musique. J'ai aimé la plume de Baricco que j'ai découverte grâce à cet ouvrage et je souhaiterai lire d'autres de ses oeuvres en espérant qu'elles soient de même qualité.

    Novencento: pianiste est donc une histoire qui m'a faite vivre toutes les émotions et qui m'a enmenée dans une bulle hors du temps, comme dans un songe ou un rêve éveillé sur un fond de ragtime ou d'un solo de jazz... Bref, un livre qui m'a transportée et qu'il faut lire absolument.

 

Cet ouvrage était donc une lecture commune que j'ai initiée avec Eimelle mais il est aussi une participation à une multitude de challenges auxquels je partcipe : Le plan Orsec 2014 chez George, les challenges "Il Viaggio" et "Théâtre" chez Eimelle, et le challenge "La littérature fait son cinéma" chez Will car ce monologue a été adapté au cinéma par Giuseppe Tornatore sous le titre La légende du pianiste sur l'océan. Sans oublier le challenge "Des notes et des mots" chez Anne.

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25 novembre 2013

L'utilité de l'inutile, de Nuccio Ordine.

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           Me voilà de retour sur le blog après une longue absence pour vous chroniquer une de mes lectures lue dans un cadre scolaire cette année : L'utilité de l'inutile de Nuccio Ordine, un essai de 200 pages environ paru aux éditions Les Belles Lettres.

           Pourquoi vous parler de cette lecture alors que tant de bons romans dorment au fond de ma PAL ? Tout simplement car il s'agit ici d'un essai littéraire qui prend pour sujet un thème qui, je le pense, nous (les amateurs de littérature) intéresse sans doute. Il prend pour thème la survie de la littérature et des sciences humaines en général dans une société qui met en avant le profit, l'utile et qui attache plus d'importance aux discipines scientifiques.

      L'auteur, un professeur émérite de littérature en Italie qui dirige plusieurs collections dans des maisons d'édition françaises et italiennes, connait bien son sujet : à travers de nombreux exemples issus des grands classiques de la littérature et de la philosophie mondiale, Nuccio Ordine prend la défense de ces matières qui sont très fortement délaissées dans notre société actuelle, car elles ne "rapportent rien". L'auteur profite également de cette tribune pour dénnoncer le manque de moyens accordés aux universitées et aux chercheurs en Europe sous prétexte qu'ils "ne sont pas productifs". 

           L'essai d'Ordine est en plus couplé à l'essai d'Abraham Flexner portant sur le même thème, qui était déjà d'actualité à son époque (les années 1920), et qui est traduit pour la première fois en français. Cela a été pour moi une opportnitée de découvrir cet essayiste américain du début du vingtième siècle et ainsi comparer les deux études faites à de époques différentes mais ayant de nombreux aspects en communs.

        Oeuvre engagée, L'utilité de l'inutile de Nuccio Ordine est un livre que je n'aurai sans doute pas lu en d'autres circonstances. Je le conseille cependant aux amateurs de "Belles Lettres" (ceci est un jeu de mot involontaire avec le nom de la maison d'édition je tiens à le préciser !) et à tout ceux qui souhaitent avoir des exemples pertinents et originaux issus des grands classiques de la littérature depuis l'Antiquité (lycéens et étudiants pensez à vos dissert' !). Un essai intéressant que l'auteur qualifie lui-même de "Manifeste" et qui fait réfléchir sur plusieurs aspects de notre monde actuel. 

Ce livre rentre dans le cadre du challenge "Il Viaggio" désormais reprit par Eimelle, et ce billet en est ma première participation (mais pas la dernière !) ;)

Emmau-s

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19 septembre 2013

Mal de pierre, de Milena Agus.

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     Lu dans le cadre d'une lecture commune (LC) avec Métaphore, Mal de pierres de Milena Agus est un court roman de 150 pages environ où la narratrice raconte une partie de son histoire familliale à travers le personnage de sa grand-mère. 

     L'histoire prend place en Sardaigne peu de temps après la Seconde Guerre mondiale. La grand-mère de la narratrice est atteinte de calculs rénaux ("le mal de pierres") qui l'empêche d'enfanter et de se marier, mais pas seulement car cette femme est également considérée comme folle par les habitants de son village. Ceux-ci ne voient pas d'un bon oeil tous ses potentiels prétendants s'enfuir sans donner suite et la lassant "vieille fille". Mais un jour, un jeune communiste (célibataire) fuyant les conflits du continent, trouve refuge auprès des ancêtres de la narratrice. Pour les remercier de l'avoir hébergé, il contracte un mariage de raison avec leur fille (la grand-mère de la narratrice donc) et le couple mal formé s'installe dans une maison de Cagliari. Vivant sous ce toît tel des frères et soeurs, le mari fréquente inlassablement les maisons closes. Son épouse commence donc à rêver de ce qu'elle considère comme essentiel et vital : l'amour véritable.

     C'est grâce à un séjour prolongé en cure sur le continent, pour éliminer son mal de pierre, que cette femme rencontre l'amour de sa vie, le Rescapé, qui sera le seul avec sa petite fille, à la comprendre, à l'aimer, à la soutenir, à la connaitre totalement.

    Mal de pierres est donc un petit livre (en nombre de pages) mais l'auteur nous livre ici un joli roman sur son histoire familiale, sans tabous ou retenue. Les relations entre les différents personnages sont traités avec délicatesse et on ne peut qu'être sensible à ce personnage presque martyr qui connaitra le bonheur qu'au prix de nombreux sacrifices.

    J'ai particulièrement apprécié le moment où l'auteur raconte la liaison entre le Rescapé et sa grand-mère que je trouve très poétique et assez émouvante. J'ai également aimé qu' on soit totalement imprégné de cette atmosphère sarde notemment grâce à de petites expressions en italien qui donnent envie et par la description des lieux et des coutumes locales. J'ai, en revenche, regretté certains passages qui m'ont semblé trop crus et qui m'ont gênée dans ma lecture. Mal de pierres est une lecture atypique mais pas essentielle, je ne saurais dire finalement si j'ai apprécié ou non car je lui trouve autant de qualitées que de défauts.

 

Cette lecture a été partagée avec Metaphore dans le cadre des LC "Sapristi, mais tu n'as jamais lu ce livre ???"

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09 septembre 2013

Iqbal, un enfant contre l'esclavage, de Francesco d'Adamo.

 

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      En voilà un roman qui est dans ma biblothèque depuis des années ! Mais heureusement grâce au blog, je l'en ai exhumé et j'en suis ravie. Iqbal, un enfant contre l'esclavage de Francesco d'Adamo est le premier livre jeunesse que je chronique sur ce blog mais il est à mettre à la portée de tous que vous soyez adultes, ados ou enfants.

        Le roman est inspiré d'une histoire vrai situé au Pakistan dans les années 1990, celle d'Iqbal un jeune esclave travaillant pour le compte d'Hussein Khan, un important marchand de tapis de Lahore possédant une dizaine d'enfants esclaves pour lui confectionner sa marchandise. Iqbal est le dernier arrivé à l'atelier et le jeune garçon s'illustre grâce à son talent de tisserand mais aussi par son insolence et son âme de chef. En quelques mois, il parvient à souder le groupe d'enfants en leur donnant une cause commune : s'échapper de l'atelier d'Hussein et rentrer chez leurs familles, qu'ils n'ont pas vus depuis plusieurs années. L'idéal est noble, mais le parcours pour y parvenir est semé d'embûches. Après de nombreuses péripéties, Iqbal parvient à quitter l'atelier et rencontre par hasard Eshan Khan, le dirigeant du front de la lutte de la libération du travail des enfants. S'ensuit alors une formidable relation entre ces deux êtres liés par cette cause encore et toujours d'actualité. Iqbal connaitra un destin extraordinaire qui mérite d'être raconté et transmit. Son combat est une cause toujours d'actualité et nous ne devons pas oublier que des enfants (mais aussi des adultes !) sont encore des esclaves au XXI è siècle, quelque soit la région du monde. 

        La postface écrite par l'auteur nous rapelle bien les enjeux d'un tel combat et nous sensiblise sur le sort de millers (voir millions) de personnes à travers le monde condamnées à servir un maitre jusqu'à leurs morts. C'est donc un roman jeunesse abordant un thème grave et brûlant d'actualité, mais l'auteur utilise le personnage de Fatima (une des enfants esclave entrenant une relation privilégiée avec Iqbal) pour narrer ce drame et prendre du recul face à l'histoire. En lui faisant prendre la parole, Adamo utilise un vocabulaire simple ainsi que des images très enfantines et pleine de naïveté pour décrire des moments graves. Nous nous attachons à ce personnage et nous sommes sensibles à ce destin au final assez tragique Le personnage de Maria (autre enfant esclave de l'atelier) est également très touchant grâce à son passé, son rôle au moment de la libération et par sa volonté farouche de sauver les autres enfants de l'enfer.

      Iqbal, un enfant contre l'esclavage est un roman jeunesse qui ne me semble pas très connu mais qui mériterai de l'être ne serais-ce que pour informer sur l'esclavage moderne en utilisant la vie d'un de ses plus jeunes mais pas des moindres, opposant. C'est un roman que je conseille non pas pour ses qualitées littéraires mais pour le message qu'il souhaite transmettre.

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18 août 2013

Etoiles, de Simonetta Greggio.

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   Etoiles de Simonetta Greggio est une nouvelle de 80 pages environ racontant l'histoire de Gaspard, grand chef cuisinier en passe d'obtenir une distinction honorifique de ses pairs à New-York. Mais suite à un problème avec la douane américaine, il est renvoyé en France par le premier avion. De retour à son appartement, il trouve sa femme au lit avec son associé. Pour Gaspard, cette découverte fait figure d'électrochoc et lui permet de se remettre en question. En voyant sa femme en train de le tromper, Gaspard s'est rendu compte que tout ce qu'il possédait : un appartement luxueux, un 4x4 volumineux, un compte en banque fourni, une femme d'une beauté époustouflante et en même temps inaccessible, qui gère son couple comme un véritable buisness, ne lui correspond absolument pas. 

   Décidé à tout plaquer pour une autre vie : sa maison, son restaurant et surtout sa femme, Gaspard, après un mois sur les routes, se dirige en direction de la Provence. Il se retrouve par hasard dans une auberge loin des sentiers battus et à la mort de sa propriétaire, il reprend la buvette. C'est là-bas qu'il retrouve le goût de la cuisine simple, le plaisir des bons petits plats maison, sans fioritures. La buvette, jusqu'alors confidancielle, se retrouve à la une de tous les journeaux locaux et accueille toujours plus de monde. C'est ainsi qu'il rencontre Stella, une jeune costumière du festival d'Avignon anorexique dont il va tomber amoureux.

   Le récit se suit très facilement grâce à un style d'écriture simple et limpide, ainsi qu'à une intrigue des plus classiques : le personnage principal semble être à l'apogée de son existance même si il n'en est pas satisfait. Alors par un malheureux hasard, toute sa vie s'éffondre autour de lui et il est obligé de tout reprendre à zéro pour mieux repartir ensuite en accord avec ses convictions. Revient également le thème des plaisirs simples qui rendent heureux et de l'amour pur après une relation difficile.

   Malgré cette faiblesse au niveaux de l'intrigue, on s'attache rapidement aux personnages, aux lieux et on salive devant les plats réalisés par Gaspard ! Les touches d'humour dissiminées au fil du récit dissimulent les petites facilitées que l'auteur utilise par commodité et rendent le texte encore plus agéable.

    Cette nouvelle était très sympatique à lire et j'ai passé un bon moment avec Gaspard et Stella à la buvette Chez tonton, j'ai faim ! Sans être un chef-d'oeuvre, Etoiles est un texte charmant, idéal pour l'été et qui donne envie d'en lire d'autres de l'auteur. Il se trouve que j'ai encore La douceur des hommes dans ma PAL.

   J'ai un coup de gueule à faire cependant, dans l'édition de poche il est écrit que "Etoiles est suivi d'un carnet de recettes conçues par Manuel Lagens" or il n'en est rien et j'en ait été déçue à la fin de ma lecture. Cette dernière phrase induit le lecteur en erreur et lui fait payer quelquechose qui n'apparait pas et je trouve ça dommage.

Etoiles est ma première LC depuis l'ouverture de ce blog et elle est partagée avec Metaphore dans le cadre de l'édition "Août- Septembre" de Sapristi, mais tu n'as jamais lu ce livre ???

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