couv31720812

         Après avoir lu The fifth child l'été dernier et m'étant inscrite au challenge consacré à Doris Lessing, je me suis décidée à lire un autre ouvrage de cette auteure britannique, récemment décédée et qui a été récompensée par le Prix Nobel de Littérature en 2007. Je me suis naturellement dirigée vers Victoria et les Staveney, un court roman de 130 pages environ qui met en avant les grands thèmes chers à l'auteur, c'est-à-dire le racisme, les inégalitées sociales ou encore la condition féminine.

         Dans ce court roman, s'approchant selon moi plus d'une longue nouvelle, on suit le destin de Victoria, une petite fille noire appartenant à la classe populaire londonienne dans les années 1980, de son enfance jusqu'à l'âge adulte. Le roman commence par un évènement important dans la vie de Victoria : le jour de sa première rencontre avec la famille Staveney, une riche famille blanche qui possède tout ce que la petite Victoria ne possède pas, à savoir une maison comportant plusieurs pièces, des parents aimants ou encore une salle de jeux pour les enfants.

         Cette rencontre bouleversera à jamais la vie de Victoria et déterminera toutes ses décisions dans les années qui suivent. En effet, quelques années plus tard, elle entame une relation amoureuse avec le cadet, Thomas avec qui elle aura une petite fille nommée Mary. Leur relation ne durera qu'un été et Thomas ignore l'existence de ce bébé jusqu'à ce que Victoria ne le la lui dévoile 6 ans plus tard. 

        Contrairement à ce à quoi Victoria s'attendait, la famille Staveney accueille la petite Mary à bras ouverts afin de montrer son ouverture d'esprit, sa tolérance. Tout est dans le paraitre, dans le respect des conventions. Peu à peu rejétée, Victoria perd progressivement les affinités qui la liaient à sa fille, qui passe désormais le plus clair de son temps chez les Staveney. Doris Lessing, en quelques pages, parvient à peindre avec une grande justesse la détresse de cette mère face au racisme et au snobisme dont elle est la victime et qui la détache lentement mais sûrement de sa fille.

       L'écriture est simple, pure et sans concessions. L'auteur décrit parfaitement le racisme qui peut parfois être sous-jacent dans les intéractions sociales ainsi ques les inégalitées entre riches et pauvres de la société anglaise de la fin du vingtième siècle notament par le prisme de l'école et de l'éducation en général. Cette peinture réaliste ne verse pas dans le pathos ni dans la caricature et le personnage de Victoria semble même antipathique malgré toutes les épreuves qu'il traverse. Néanmoins, si je devais faire un repproche à ce roman, je critiquerais sa longueur, qui précipite l'enchainement des évènements et enlève de la profondeur à l'histoire. On a l'impression que les thèmes abordés ne sont traités qu'en surface et je pense qu'ils auraient mérité qu'on s'attarde un peu sur eux surtout sur ce qui concerne l'importance de l'école et des études.

        Victoria et les Staveney laisse, à la fin de la lecture, une impression à la fois amère et étrange. On est bousculé par cette tranche de vie qui est loin d'être rose mais on est frustré de ne pas en avoir plus, ce qui aurait permit au lecteur de mieux saisir la psycologie des personnages mais aussi l'ampleur du drame qui se joue sous nos yeux. J'aurais aimé que Doris Lessing insiste d'avantage sur les thèmes qui lui tiennent à coeur et qui aurait donné plus d'ampleur au récit. Un roman en demi-teinte donc, qui se lit très rapidement et qui reste tout de même un bon moment de lecture.

Ce billet rentre dans le cadre de plusieurs challenges auxquels je participe : Le challenge consacré à Doris Lessing chez Maevedefrance, ainsi que le challenge "Cartable et tableau noir" chez George (catégorie école primaire) et le Plan ORSEC 2014 également chez George.

92128010    challenge-cartable-et-tableau-noir-saison-21    pal-orsec-20141